Dossier

LA ZOOTHÉRAPIE

01/01/2015
La zoothérapie


Parue au milieu du XX ème siècle,la zoothérapie est donc une activité relativement nouvelle. Elle utilise la proximité d’un animal domestiqué auprès d’un humain ayant des souffrances ou des pathologies différentes (stress, handicap psychique, handicap physique, jeunes en échec scolaire, etc.). Cette mise en relation avec l’animal peut être un point de départ ou un complément à des thérapies plus traditionnelles. La zoothérapie a pour effet de détendre et d’apaiser le patient. De nombreuses personnes bénéficiant d’un programme de zoothérapie ont vu des avancées concrètes sur leurs comportements et sur leur santé en général.

Même si des prémices de mises en relations entre l’homme et l’animal ont été réalisées pour guérir des soldats traumatisés de la première guerre mondiale, c’est véritablement en 1953 que le psychiatre américain Boris Levinson va découvrir les possibilités du chien dans une thérapie. Levinson reçoit un matin un appel émanant de parents désespérés car leur enfant autiste doit être interné dans un institut spécialisé. Il accepte de les recevoir et oublie que son chien, Jingles, est resté dans son cabinet (d’ordinaire celui-ci lui est interdit). Dès que le couple entre, Jingles se dirige vers l’enfant, le renifle, le lèche... L’enfant complètement replié sur lui-même refusant toute communication avec le monde extérieur va se mettre alors à parler avec le chien... Il demandera même à revenir pour le revoir.

Ainsi naquit la Pet Facilitated Psychotherapy (psychothérapie facilitée par l’animal). Par la suite, d’autres thérapeutes vont mettre en évidence les effets de l’animal sur la santé : le simple fait de caresser fait baisser la tension artérielle et permet de diminuer la mortalité chez les cardiaques. Le Dr Serpell de Cambridge a démontré qu’un animal familier permet de vivre plus vieux et en meilleur santé. Le docteur Voelker va prouver que l’animal suscite des réactions psycho-affectives positives et motive les personnes handicapées physiques, par exemple en les soignant. Une amélioration des capacités psychomotrices et un soutien psychologique sont constatés. Des expériences d’introduction de chiens dans les prisons aux États-Unis ont eu comme résultat des détenus plus calmes, avec moins de dépression et d’agressivité.

Il existe d’innombrables histoires d’animaux, apprivoisés ou sauvages, - du chien au gorille, de la mouette à l’éléphant -, qui ont retrouvé des gens et même sauvé des vies sans que l’on puisse expliquer ce qui les y a poussés. On parle du prolongement de l’instinct de survie, d’une affection inaltérable pour leur « maître » et même de quelque chose qui pourrait se rapprocher de la spiritualité.

L’équipe du Dr Aaron H. Katcher de l’University of Pennsylvania School of Veterinary Medicine a observé que 98% des propriétaires de chiens parlent à leur animal de compagnie, que 75% pensent qu’il est sensible à leur humeur et à leurs émotions, et que 28% se confient à lui. Plusieurs chercheurs croient que les bénéfices que ces personnes en retirent ne sont pas très éloignés de ceux obtenus par la prière.

Dans un cas comme dans l’autre, il semble que la personne ressente l’intimité et la chaleur d’un contact, et se sente « entendue et reçue ». On reconnaît des vertus apaisantes et relaxantes à l’animal quel qu’il soit et l’on se passionne pour lui

En France, de nombreux centres proposent une méthodologie spécifique de mise en relation avec des animaux. Il existe l’équithérapie, qui est la socialisation du patient avec le cheval, la delphinothérapie, qui organise des rencontres entre l’homme et le dauphin et même la RogerRabithérapie, l’apprentissage de l’humour par le lapin (je ne suis pas sûr que celle-là existe mais l’idée me plaisait). Toutes ses nouvelles formes d’interactions avec des animaux sont plus ou moins bien vues et restent controversées car, même si la sensation de bien-être, que nous renvoient les animaux, reste indéniable, l’efficacité de certaines pratiques et de certaines méthodologies sont difficilement démontrables.

Ce qui est certain : « Pour toute personne en souffrance, en situation de retrait dans les relations sociales, ou en difficulté psychologique, l’animal est un antidote à la solitude, à nos tensions, à nos appréhensions, à notre anxiété. Il est naturellement ce repère qui rassure, car il ne porte pas de jugement, c’est alors qu’il sécurise, redonne confiance et estime de soi. Cette première étape permet ensuite de créer et/ou de développer de nouveaux liens, principe de socialisation et d’équilibre de chacun, quelle que soit sa problématique. »


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