QUE SONT-ILS DEVENUS ?

Serge Lama

01/01/2015
Serge Lama
UN HOMME DE CŒUR, UN ARTISTE AU LONG COURS...

Plus de 50 ans de chansons, des milliers de galas et une passion de la vie jamais démentie. L’homme comme l’artiste ont toujours eu une parole vraie, fière et libre.

Serge Lama est un (Le !) chanteur populaire par excellence (et d’excellence !) et, en l’écrivant, on croit avoir tout dit de cet artiste majeur de la Chanson Française. Pourtant, ce qualificatif de « populaire » qui passe pour certains comme un jugement négatif, voire un couperet, et pour d’autres comme une légion d’honneur ne résume en rien l’œuvre que Serge Lama a construite en plus de cinquante ans d’une carrière unique. Si quelques-uns de ses nombreux succès (« Les petites femmes de Pigalle », « Femmes, femmes, femmes »...) l’ont cantonné dans un registre « festif », d’autres (« Je suis malade », « Une île », « Chez moi », « Les jardins ouvriers »...) l’ont propulsé au rang d’auteur de référence. « Chansons à textes, chansons populaires ? J’ai fait ma route. Le hasard, la nécessité m’ont guidé. On m’a mis une étiquette de chanteur à femmes, à fêtes. Les radios ont jeté « Superman » en pâture et dans l’imagerie populaire, je suis resté dans cet unique registre mais ce n’est pas moi... Pas seulement ! » Chacun d’entre nous est « pluriel ». Serge Lama plus qu’un autre !

« J’AI MIS UNE DIZAINE D’ANNÉES POUR RÉUSSIR. CE QUI ME PARAIT UN TEMPS NORMAL. ON DOIT PASSER DES PALIERS COMME EN PLONGÉE SOUS-MARINE... »

Il suffit pour s’en convaincre d’écouter et de lire attentivement les paroles de « l’enfant d’un autre » (une pure merveille !). « Celle-là, je ne l’ai pas écrite avec un râteau » précise-t-il amusé : « Les enfants sont le fruit des femmes. Pas des hommes Et quel que soit celui qui fait germer la pomme Le père pour l’enfant c’est celui qui est là Qui caresse sa mère et qui lui tend les bras... »

Il confie lui-même qu’ « une chanson, c’est trois mots qui tombent amoureux de trois notes ». On enlève les notes, reste chez lui de la pure poésie car Serge Lama a du souffle et du fond. Loin de son image publique avec laquelle il a joué, l’homme comme l’artiste a une vérité humaine et une ténacité à toute épreuve... Le petit Serge Chauvier, né le 11 février 1943 à Bordeaux, va le prouver tout au long de son immense carrière où rien ne lui fut acquis.
« Cela a toujours était une lutte, un combat et j’ai fourni les efforts nécessaires pour obtenir des résultats ! » explique- t-il. Le chemin n’était pas tracé d’avance et il a fallu du courage et une envie débordante pour s’ouvrir la voie de la réussite. « Un soir, du haut de mes douze ans, je me suis arrêté devant l’Olympia où s’étalait le nom d’Eddy Constantine. Je me suis tourné vers mon père et lui ai dit « Un jour, j’y serai ! ». Une promesse comme un défi à un père chanteur qui, malgré de nombreuses tentatives et un talent reconnu, n’arrivera jamais à percer.

« Au début de l’adolescence, c’était ancré en moi ! C’était devenu une maladie mentale... Je m’endormais avec le rêve récurrent d’être sur la scène de l’Olympia et j’obtenais un triomphe. Chaque soir, j’étais acclamé par un public en liesse ! J’avais ces rêves de gloire et j’ai tout fait pour qu’ils deviennent réalité ! ».

Serge Lama (un nom qu’il trouvera dès ses quatorze ans !) passera par des petits boulots, connaîtra une période de « vaches maigres » mais il n’aura de cesse que d’atteindre « l’inaccessible étoile » ! Et si La « Mireille » du Petit Conservatoire ne voit pas en lui un futur grand, et si René-louis Lafforgue (le père de « Julie la rousse » !) le juge « sans voix et sans présence », « Il m’a quand même fait chanter sept chansons lors de l’audition ! » se souvient, ironique, Serge lama, il tracera sa route.


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