TOUR DU MONDE DU MONDE DU HANDICAP

TOUR DU MONDE DU MONDE DU HANDICAP

TOUR DU MONDE DU MONDE DU HANDICAP
...en Birmanie

HandiCap sur le Monde poursuit la présentation de son périple aux 4 coins du globe pour L’Handispensable le Mag. A travers un projet d’un an autour de la planète pour mettre en avant des projets hors du commun dans le handicap, les deux fondateurs de l’association Emmanuelle Touzard et Thomas Enfrin nous emmènent dans leurs aventures pour comprendre la situation, découvrir les organismes existants et vivre de l’intérieur ces projets innovants en travaillant avec les structures locales. Lors des derniers numéros, ils nous avaient fascinés avec leurs aventures en Inde, puis en Colombie, en Nouvelle-Zélande et à Bali. Aujourd’hui c’est en Birmanie qu’ils nous font voyager, pays peu connu à l’ambiance sereine.

LA SECRÈTE BIRMANIE, UN PAYS EN LUTTE

Son ouverture au monde n’est que récente. Emprisonnés par leur propre pays sous une dictature militaire qui dure depuis 50 ans, les birmans ont été coupés du monde et découvrent aujourd’hui ce qui peut se passer hors frontières. Ils sont tous très curieux, généreux, et prêts à partager leur culture et leur histoire. HandiCap sur le Monde pourra passer des heures avec des organismes du handicap, des personnes déficientes, mais aussi des habitants rencontrés dans les cafés ou les restaurants qui n’hésitent pas à offrir repas et boissons locales. Pays à grande majorité bouddhiste, nous apprécions nous balader dans les rues poussiéreuses de la capitale Rangoun entourés de moines (hommes ou femmes), où règnent un respect et un calme qui ne laissent en rien présager ce qui a pu être vécu jusque ici.

L’entrée dans le pays en étant une association ne fut pas facile, c’est un visa touristique de quelques semaines que nous devrons prendre. Nos habitudes de voyage doivent également changer car nous ne pourrons séjourner au sein des associations rencontrées (il est interdit d’héberger des touristes). Avant notre arrivée en Birmanie, nous savions qu’il serait difficile, voire impossible, de travailler et de construire un projet. C’est pour cela que nous choisissons de privilégier les prises de contact avec divers interlocuteurs, acteurs sur le terrain. C’est aussi à travers ces rencontres que l’association pourra mieux appréhender l’influence d’un régime politique sur la condition des personnes en situation de handicap.

Petit rappel tout d’abord sur ce pays que l’on ne connait finalement que très peu. La Birmanie – ou Myanmar c’est selon – compte aujourd’hui environ 60 millions d’habitants. Pays sous-développé malgré d’innombrables ressources telles que les minerais ou le pétrole, sa situation sociale et économique est dramatique. Les autorités sont corrompues, les conflits ethniques, aux abords de ses frontières, permanents. Pourtant, il y a une cinquantaine d’années, le pays était considéré comme l’un des pays asiatiques possédant le plus fort potentiel de développement !

Aujourd’hui, la Birmanie s’ouvre peu à peu, preuve en est la possibilité de notre venue dans le pays. La démonstration de cette ouverture provient du travail sans relâche de Aung San Suu Kyi pour enfin obtenir la démocratie et la liberté pour son peuple. Lors de notre passage, ce ne sont pas moins d’un million de touristes qui sont venus découvrir le pays. Aujourd’hui ils sont plus de 3 millions !

Notre premier ressenti en arrivant à Rangoun est très rassurant. Pas de militaires dans les rues, les locaux sont heureux et ravis de nous voir et n’hésitent pas à venir discuter avec nous de tout et de rien, mais surtout de notre point de vue sur leur pays. Le sentiment principal qui nous envahit est cette tranquillité, une ambiance apaisée par la multitude de pagodes – temples bouddhistes aux toits d’or – et de moines marchant partout dans la rue. Nos premières journées se passent à visiter ces temples magnifiques, à nous imprégner de cette culture, et à papoter des heures avec les locaux dans les restaurants et teashops.

Mais cette ouverture n’est encore que débutante et fragile. Les zones autorisées aux touristes sont encore très restreintes et toute la partie Nord du pays, après Mandalay, les zones frontalières avec la Thailande, la Chine, le Bangladesh, l’Inde et le Laos sont quasiment toutes interdites malgré de rares points de passages, peu autorisés également pour les locaux. C’est un pays en totale reconstruction depuis plusieurs années que nous découvrons, et la connexion Internet rapidement censurée nous rendra difficile notre travail à poster des articles sur notre site Internet (www.handicap-monde.com).


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