Dossier

Guillaume Bats

Guillaume Bats

01/01/2015
Elle est pas belle sa vie?

« Je me suis vite rendu compte que j’aimais faire marrer les copains. »

Pendant l’enfance, mais principalement au collège, les mots et les regards m’ont fait mal ! C’était d’une violence extrême ! Jusqu’au jour où j’ai décidé de mettre les rieurs et les moqueurs de mon côté ! Ce jour-là, j’ai choisi de ne plus subir mais de maîtriser les rires. Je me suis vite rendu compte que j’aimais faire marrer les copains. » explique Guillaume Bats. Les cours de théâtre et les expériences scéniques à la MJC de Montmirail dans la Marne ont fait le reste. « A 21 ans, je suis venu à Paris avec un copain, Julien, qui poursuivait ses études. On s’est soutenus ! ». Guillaume a pris de nouveaux cours avec des professeurs qui apprenaient à réussir aux apprentis comédiens alors que la plupart d’entre eux avait échoué dans la carrière. C’est durant cette période qu’il écrit son premier one man show qu’il intitule « Tous tordus ! ». « J’ai tout de suite pensé que ma différence pouvait m’aider à devenir quelqu’un ! ». Mais ce sont les émissions de Laurent Ruquier sur France 2 et la rencontre fertile humainement et textuellement avec Jérémie Ferrari qui vont le propulser plus haut et plus vite. « Ce fut un accélérateur... Avec Jérémie, c’est l’entente parfaite ! On a travaillé ensemble et ré-écrit mon spectacle. Il a su mettre d’autres mots sur mon jeu de scène ! » reconnait-il volontiers. « Attention la tête » (voir encadré) se joue à Paris mais Guillaume fait les premières parties de Jérémie lors de sa tournée des Zénith. Passer d’une jauge de 80 personnes à plus de 1500 ne l’effraie nullement. « L’émotion n’est pas la même mais elle reste intense dans les deux cas. Je démarre et me sens tout neuf ! Ce spectacle a une durée de vie entre 3 et 6 ans et je n’en suis qu’à son début. Il va se modeler au fil des représentations. Il va se frotter au public ».
L’humoriste joue sur tous les registres pour déclencher un rire salvateur « Avant, on riait de moi gratuitement ; main- tenant, on paie pour rire avec moi ! ça fait une grosse dif- férence ! » lâche-t-il malicieusement. « Quand j’entre sur scène, je ne suis pas le militant d’une cause ! Si je l’étais, je pense que je la desservirais ou la défendrais mal. Je ne serais pas impartial ! Il ne faut pas sectoriser l’humain. Je viens faire rire et me lance dans l’arène sans calcul mais avec mon savoir-faire et mon cœur ! ». Et si on lui pose la question du « rire de tout » la réponse fuse sans hésitation « Un grand OUI ! Mais je dois avouer qu’avec mon parcours « acci- denté » je peux aller plus loin dans l’humour et j’ai plus de liberté de parole que d’autres ! ».

« Avant on riait de moi gratuitement; maintenant on paie pour rire avec moi »

L’avenir lui tend les bras... Et le septième art pourrait lui faire les yeux doux « C’est trop tôt mais j’y goûterai avec gourmandise dans quelques temps ! » Attention à la grosse tête, Guillaume ! « Aucun risque, j’ai la tête sur les épaules ! ça se voit non ? »

Si tu veux te payer la tête de Guillaume Bats, il t’en coûtera la modique somme de 22 euros (sans réduction). Attention, il encaisse en direct et ça envoie cash. Son one man show devrait d’ailleurs être remboursé par la Sécurité Joviale ! Tu peux y aller avec des aprioris, des appréhensions ou des après- skis ou simplement un après-midi, sur tes deux jambes, sur un pied ou sur deux roues (Aïe, là non ! La salle du Petit Gymnase à Paris n’est pas accessible ! Un comble !!!)... Bref, tout le genre (ou presque) humain est convié au festin d’un rire qui n’est pas gratuit mais accessible (lui !) au plus grand nombre ! C’est drôle, joyeux, cru, méchant mais pas trop et ça fait du bien côté zygomatiques et côté cœur !

« Attention à la tête »

On ne dévoilera pas les sketchs (Jérémie Ferrari et Guillaume ont planché dessus assez longtemps pour ne pas « casser » leur métier !) mais ça fuse de partout et de toute part (handicap, sexualité, enfance...) et on ne souffle qu’à trois reprises quand Guillaume s’attarde avec tendresse sur lui-même... Avant de repartir de plus belle sur l’infâme comédie de la vie ! Ah le filou, le malhonnête... L’artiste ! BCBG (Bien Canaille Guillaume Bats !) est un spécialiste du coup tordu (avec un P comme dans Pétillant ou « Poilade » !) et ça fait un bien fou d’entendre et de voir ce jongleur de mots sur le fil de l’existence. Il se dit atteint de la maladie des os de verre (des os cassants)... Désopilant, oui ! Merci pour ses prises de bec sans prise de tête qui font mouche à chaque fois et ce « Attention à la tête » comme son nom l’indique mérite toute notre attention !

Un comédien est né et il est amené à grandir (si, si !) car malgré ses 1m40 (à vue d’œil !) Guillaume Bats peut endosser de multiples personnages (beauf homophobe, aigle royal, employé pôle emploi, tombeur...). Son corps élastique lui permet de nombreuses fantaisies. Au public de l’accueillir, lui, a déjà déployé ses grands bras (qui descendent jusqu’aux genoux et c’est une performance ! Essayez donc !), et il est facile de prédire que l’envol est pour demain.