Culture

Cinéma

01/01/2015
Et si on parlait Cinéma

SALUT LES CINÉVORES OU COMME DISAIT MON ASTROLOGUE « SALUT LES AMATEURS DES TOILES »

Bref, rien de changé sous le réchauffement climatique : point de résumés de films. Je déteste toujours autant les bandes-annonces, les a priori, les bouches mercenaires, les engouements aveugles, les formatages conventionnels... Je me réfugie dans mes impressions premières. Mon enthousiasme sans retenue ou ma colère éruptive. Car il est fort intéressant – pour vous, ô lecteur – d’avoir un autre éclairage sur les sorties de films, ne serait-ce que pour vous délivrer du politiquement correct qui flingue, des poncifs rebattus vantés par des bouches mercenaires qui glapissent avec les grues, des souris qui chicotent ou des paons qui braillent.

COMME UNE ULTIME MISE EN GARDE AVANT DE COMMANDER VOS DVD DANS NOËL...

KASSOVITZ OU LA CRISE LA CLASSE IDENTITAIRE

L’ILLUSTRE INCONNU
DE MATHIEU DELAPORTE

Des surprises sur le fil de l’histoire qui ne laissent pas le spectateur indifférent. Un film autour de la question « qui suis-je ? ». Et si...? Alors bien sûr c’est un peu gros... Mais on a bien vu Patrick Sébastien en faire autant avec ses amis qui ne l’ont pas reconnu. Beaucoup de questions posées,étalées au cours de cette dérive identitaire. Avec un Kassovitz intéressant, discret, tout en pudeur et en mal-être. Après le film « Le prénom », Mathieu Delaporte, le réalisateur, nous entraine dans un film captivant avec un personnage qui s’ennuie dans sa vie mais qui n’ennuie en aucun cas le spectateur.


LA CLASSE DE VIVRE ENSEMBLE!

LES HÉRITIERS
DE MARIE-CASTILLE MENTION-SCHAAR

J’ai envie de dire « ouf ! » On est sortis de la spirale de « entre les murs » où le prof est tellement nul qu’on a envie de hurler après cet enseignement qui va à vau-l’eau, qui est dans le perpétuel doute ou le mensonge, et qui fabrique des anti-citoyens.
Ce film est superbe, tant par la sobriété des multiples anecdotes, à la fois symptomatiques et se suffisant à elles-mêmes pour nous faire prendre conscience des situations, et par la foncière conviction pédagogique qu’elle porte : l’importance du projet de classe.
On l’a charrié pendant des années, trouvant ça ringard. Le voilà qui revient au galop. Alors bien sûr, là, ça s’est bien terminé. Optimisme délirant ? Peut-être pas. Aux enseignants de s’approprier cet élan vital pour, chacun à sa manière, rebondir vers du positif.


UN FILM QUI NE BRISE PAS SEULEMENT LE FER

BENOÎT BRISEFER LES TAXIS ROUGES
DE MANUEL PRADAL

Voilà l’exemple à ne pas suivre. Dialogues indigents, aucune drôlerie. Un casting convenu et sans surprise (à la limite, Jugnot aurait dû jouer le méchant et Réno le gentil : ça aurait moins été barbant !) une première moitié d’un ennui solide et rédhibitoire, avec des trucages sans intérêt. Heureusement qu’en deuxième partie ça bouge un peu... Mais bof ! Circulez, il n’y (vraiment) rien à voir !


UN PINGOUIN PEUT EN CACHER UN AUTRE...

LES PINGOUINS DE MADAGASCAR
DE SIMON SMITH ET ERIC DARNEL

Dreamworks a encore frappé ! Voilà une équipe qui doit bien s’amuser à mettre en images de pareilles histoires et à nous ravir. Beaucoup de rythme, de gags rapides qui s’enchaînent. Si vous avez aimé suivre les aventureux pingouins, menés par l’agent Skipper, dans la trilogie « Madagascar », vous prendrez plaisir à les découvrir dans ce nouvel opus où nous en apprenons un peu plus sur eux notamment le commencement de leur entente et leurs premiers faits d’armes. A voir pour se divertir.

ONCEZ TÊTE BAISSÉE !

LA FAMILLE BÉLIER
DE ÉRIC LARTIGAU

Il m’en faut peu pour larmoyer. Quand c’est bien fait, bien amené, plein d’humanité, d’humanisme ou d’émotion, je craque. Ben c’est le cas ici. C’est remarquablement mis en scène, joué tout en finesse, le scénario est bon, avec des taches de couleur comme sur un tableau de Monet ou Renoir, les personnages crédibles et touchants. Ça pétille, ça fulgure, ça touche au cœur. Un beau cadeau du cinéma au public avide de consistant. Un hic, tout de même, et non des moindres : la non-version pour malentendants ! Ca fait désordre !

ET LA FOURMI... CROONDE

NATURE
DE PATRICK MORRIS

Alors comme d’habitude, le lézard est marrant, l’éléphant est pathétique, la fourmi miro dévore tout, le crocodile est méchant, le gnou est comestible, etc. C’est beau, en 2 ou 3 D. C’est original, bien qu’un peu décousu. On veut traiter de tout à travers la beauté. Ce que je conseille, c’est d’acheter le DVD quand il sortira et de couper la bande-son. Le commentaire est dit avec l’énergie d’un gastéropode, comme un sermon emphatique, et la bande musicale est envahissante. Dommage.

UNE GUERRE MÉCONNUE

THE SEARCH
DE MICHEL HAZANAVICIUS

Dans « Les anges marqués », on était dans l’horreur nazie. Dans « The search », Hazanavicius et son équipe nous entraînent en Tchétchénie. Traversant la tragédie d’une guerre pas si lointaine que ça, Bérénice Béjo est sobre et toute en retenue, Annette Bening illumine l’image de son regard douloureux et déterminé, Maxim Emelianov est incroyable dans le rôle de ce jeune que la guerre emporte comme un fétu de paille, comme le sac plastique de « American Beauty », et Abdul Khalim qui joue le gamin est simplement rayonnant de vérité. Le film n’a pas bien marché, parait-il. Dommage, c’est un bon film, remarquablement mis en scène, humainement riche car explorant ce qu’on a de pire et de meilleur en nous. Ca mérite largement une seconde chance !

PAR OU TU ES RENTRÉ, JE NE T’AI PAS VU SORTIR

COMING HOME
ZHANG YIMOU

Après « La Cité interdite », le « Secret des poignards volants » ou « Épouses et concubines », autant de chef-d’œuvres cinématographiques, revoici Zhang Yimou. Et avec Gong Li ! Que demander de plus ? C’est plein d’émotion, de réalisme, avec une reconstitution au cordeau et des visages torturés par les remous de l’histoire. On se sent enfermés avec l’actrice dans ses souvenirs, ses doutes, sa quête éperdue et perdue d’avance. Ou comment la grande Histoire broie les petites... A ne pas rater.

UNE HEURE TRENTE À PERDRE...

UNE HEURE DE TRANQUILLITÉ
DE PATRICE LECONTE

Loin derrière « Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ». Malgré une Carole Bouquet magnifique, et un ensemble correct. Clavier en fait trop, et les moments charnières sont trop nombreux et grignotent trop les situations drôles. A voir pour meubler une heure trente.