Dossier

LIEUX CULTURELS ET HANDICAP

01/01/2015
LIEUX CULTURELS ET HANDICAP



VISITER EN TOUTE ACCESSIBILITE

Oui, les musées, centres d’art, monuments historiques, théâtres, bibliothèques, lieux touristiques sont des établissements recevant du public, ou ERP. Ils sont donc directement concernés par la réglementation relative à l’accessibilité. Mais entre actions et dérogations, multiplication des labels et des sites internet informatifs, difficile de s’y retrouver ! Une petite virée culturelle ça vous dit ? Suivez le guide...

PETIT RAPPEL HISTORIQUE : UNE CULTURE MILITANTE

Les associations militent depuis longtemps pour l’accès à la culture. Elles ne sont pas étrangères à la résolution prise par l’ONU en 1993 : « Les Etats devraient veiller à ce que les handicapés aient accès aux lieux d’activités culturelles tels que théâtre, musées, cinémas et bibliothèques. »

Dans les années 2000, portées par le projet de loi handicap, elles prennent la parole et s’engagent même en politique. On peut citer par exemple l’initiative du Collectif des Démocrates Handicapés, qui avait été créé en 2000 pour faire entendre la voix des personnes handicapées dans les débats de l’Assemblée Nationale. Il avait alors proposé la création d’un plan d’accès aux loisirs qui devait accélérer la mise en accessibilité des lieux culturels.

En 2002, lors du Congrès européen des personnes handicapées, les associations rédigent une déclaration qui restera connue sous le nom de « déclaration de Madrid. » Le droit culturel et l’accès aux loisirs y sont présentés comme inhérents à l’égalité des chances. Sous l’impulsion de l’ONG EUCREA, la « Déclaration européenne art, culture, médias et handicaps » est signée en 2003 par des responsables au niveau de l’Union Européenne, des Etats membres et des collectivités territoriales.
Cette déclaration est un outil auquel se réfère notamment l’Association des maires de France dans sa fiche technique « L’intégration dans la vie culturelle » accompagnant la charte « commune-handicap ».

Les associations sont aussi présentes dans la commission nationale « Culture et handicap » placée sous la présidence du Ministre de la Culture et de la Communication et du Ministre en charge des personnes handicapées.

Les termes « culture » ou « loisir » ne sont pas explicitement présents dans le texte de la loi de 2005, qui préfère un englobant « vie sociale » qui peut prêter à interprétation. De même, au-delà de l’accès et de la circulation dans le cadre bâti, c’est la diffusion de l’information par des moyens adaptés qui est visée par ces textes. Pour le champ culturel, la notion d’information peut aussi prêter à confusion : s’agit-il de rendre accessible un panneau explicatif situé dans une salle d’exposition en l’accrochant à la bonne hauteur, en le rédigeant en lecture facile, en l’imprimant en gros caractères... ; ou s’agit-il aussi de rendre accessible l’œuvre d’art en elle-même ?

ACCESSIBILITÉ DES ERP : OÙ EN SONT LES LIEUX DE CULTURE ?

Dans les années 50 à 80, des actions disparates étaient menées par certains établissements mais c’est seulement dans les années 1980 qu’elles ont été encouragées par l’ICOM (International Council Of Museums). Les années 1990 voient l’édition du Manuel d’accessibilité physique et sensorielle des musées par la Direction des musées de France, et la mise en place d’une cellule « accueil pour tous » au Centre des musées nationaux (Monum), qui établit des conventions de partenariat avec les associations.

Dans le cadre de la commission nationale « Culture et handicap », le ministre de la Culture et de la Communication demande en 2003 à ses établissements publics de proposer des mesures concrètes visant à améliorer, à court terme, l’accueil des personnes handicapées dans les établissements culturels. C’est la naissance de la « Réunion des établissements culturels pour l’accessibilité » (RECA). 23 établissements publics ont signé la convention, dont 9 hors tutelle du MCC.
Les établissements privés et/ou de taille modeste ne sont pas en reste et mettent aussi en place des actions. Rien d’étonnant : le financement des projets reste le point le plus bloquant et ce sont souvent des mécènes, entreprises ou particuliers, qui permettent leur réalisation.

On peut donc dire que ça bouge du côté des établissements culturels et c’est tant mieux. Nombreux d’entre eux sont actuellement en plein ADAP’ (agenda d’accessibilité programmée) pour effectuer les travaux nécessaires et prendre des mesures d’adaptation de leur offre de service.

Il faut tout de même mettre sur le tapis la question des dérogations qui concernent directement les monuments historiques inscrits et classés, mais aussi les lieux de culture aménagés en leur sein (théâtre, bibliothèques, etc.). Lorsque des travaux ne sont pas possibles et que l’ERP remplit une mission de service public, les dérogations d’aménagement du bâtiment donnent lieu à la mise en place de mesures de substitution qui obligent souvent les professionnels de la culture à être particulièrement inventifs ! On y reviendra...

S’INFORMER : UNE DÉMARCHE... HANDISPENSABLE !

S’informer avant sa sortie culturelle permet d’éviter toute déception. Avec Internet, c’est relativement simple. Il existe plusieurs sites Internet qui recensent les lieux accessibles. Accessible. net est un annuaire gratuit. C’est le responsable de l’établissement qui remplit la fiche, guidé par les 300 critères à vérifier. En Ile-de-France, l’équipe accessibilité du comité régional du tourisme va sur place pour vérifier les informations avant publication. Un onglet « agenda » permet de s’informer des prochaines visites qui peuvent vous intéresser, comme une visite en LSF par exemple. Chaque établissement informe une fiche par famille de handicap, ce qui permet à chacun d’accéder directement aux informations qui le concernent. Jaccede.com est un site collaboratif où les handinautes font part de leurs expériences, mais les fiches ne sont pas aussi détaillées et les informations ne sont pas vérifiées. On peut aussi citer Yanous.com qui met à jour un agenda des sorties culturelles, non exhaustif.

Se rendre sur le site Internet de l’établissement culturel que vous visez permet aussi de se renseigner sur les équipements proposés. Il y a parfois un onglet « accessibilité », parfois les informations sont disséminées à travers les rubriques du site, c’est très hétérogène. Parfois, il faut bien chercher et il peut être plus facile de téléphoner pour savoir s’il y a une boucle magnétique à l’accueil ou s’il y a des assises dans les salles d’exposition.

Le conseil est de téléphoner le matin même pour vérifier si les ascenseurs fonctionnent, si les maquettes tactiles ne sont pas en maintenance... On peut toujours avoir des surprises ! Cela dit attention, on tombe souvent sur des plateformes téléphoniques, la personne qui répond n’est pas forcément sur place ni alertée en temps réel. Expliquez-lui bien que ces informations sont essentielles pour vous.

Pensez aussi chaîne de déplacement. Comment rejoindre le lieu de culture, pourrez-vous trouver un restaurant ou un café accessible à proximité ? Un jour viendra où la spontanéité l’emportera sur l’organisation, mais en attendant mieux vaut ne rien laisser au hasard.

Et les labels alors, faut-il les rechercher ? Vous connaissez certainement le Label tourisme et handicap. Il est attribué pour 5 ans après la visite d’évaluateurs spécialisés. Le Label « Destination pour tous » valorise quant à lui la cohérence de l’offre sur un territoire donné pour l’ensemble de la chaîne de déplacement. Il est attribué pour 3 ans, le territoire doit avoir développé l’offre pour au moins deux familles de handicap et s’engagent alors à élargir l’offre touristiques aux autres familles de handicap.
Le label est une sécurité supplémentaire pour vous, mais attention certains sites n’ont jamais fait la démarche de labellisation alors qu’ils sont parfaitement accessibles. D’autres proposent des services pour un handicap donné mais restent difficiles d’accès et ne sont donc pas labellisés. Par exemple, le musée du Louvre propose une offre tactile riche mais n’a pas le label pour la déficience visuelle car le bâtiment ne répond pas aux critères.
C’est donc un vecteur d’informations supplémentaires mais qui ne se suffit pas à lui même.

LES LIEUX RÉCENTS : UNE VALEUR SÛRE !

Louvre Lens, MuCEM à Marseilles, Pompidou Metz, Fondation Louis Vuitton à Paris... La France a vu de nombreux musées sortir de terre ou être réhabilités ces dernières années. Ils sont tous quasi exemplaires en termes d’accessibilité physique et sensorielle et proposent presque tous des activités adaptées.
Les structures plus modestes, peut-être près de chez vous, peuvent aussi proposer des contenus accessibles au plus grand nombre. Ainsi, le musée de la Bataille de Fromelles ouvert en 2014, situé dans le petit village du même nom, 100% accessible PMR, vient de mettre en place une visite en audiodescription. Elle plonge le visiteur déficient visuel dans l’ambiance particulière de la Grande Guerre, ambiance rendue pour les voyants par la scénographie. Les textes des panneaux de salle sont lus par un comédien dans l’audioguide et certains objets originaux sont proposés au toucher, en accès libre pour tous les publics.

J’Y SUIS ! QUE FAIRE ?

Vous avez trouvé une solution de transport, voire d’hébergement, vous savez que le lieu est adapté à votre handicap et que vous pourrez y circuler en toute autonomie. Super, mais une fois à l’intérieur, à part y déambuler, que pourrez-vous faire ? Suivre une visite guidée ? Pourquoi pas, mais si vous êtes malentendant et que le conférencier n’a pas d’audiophone ou que vous êtes en fauteuil et que l’itinéraire de la visite emprunte les escaliers, vous risquez d’être en difficulté.
Encore une fois, il vaut mieux communiquer directement votre besoin. S’il n’y a pas d’audiophone pour les visites guidées, peut-être y a-t-il un audioguide compatible avec la position T de votre appareil auditif ? Le conférencier peut sans doute revoir l’itinéraire habituel pour prendre l’ascenseur plutôt que les escaliers ? Dans tous les cas, même si ce n’est pas très agréable pour vous, il vaut mieux énoncer clairement votre besoin. Vous n’êtes pas obligé d’entrer dans les détails de votre pathologie. Pensez à demander quelle est la durée de la visite, le parcours envisagé, si vous pouvez quitter le groupe en cas de fatigue...

N’oubliez pas que les professionnels de la culture et du tourisme mettent la qualité d’accueil au cœur de leurs préoccupations et croyez bien qu’ils feront le maximum pour vous assurer une agréable visite.
En général, les sites ont investi dans les équipements de base telles que les boucles magnétiques, les fauteuils ou loupes à prêter à l’accueil. Certains sont allés plus loin en mettant en place des outils d’aide à la visite adaptés en accès libre comme des fiches en gros caractères, des supports tactiles, des livrets de visite en facile à lire et à comprendre, un visio guide en langue des signes... L’intérêt de ces dispositifs est d’être disponibles quand bon vous semble. Certains établissements proposent aussi des programmations régulières de visites en langue des signes, d’ateliers pédagogiques utilisant l’approche multi-sensorielle... une fois par trimestre voire davantage ! Vous pouvez aussi vous rapprocher des associations qui organisent des sorties culturelles en groupe.

Pour les spectacles, pensez à préciser votre besoin au moment de la réservation : placement, équipement sonore... Pensez à regarder le programme d’Accès Culture (accesculture.org) qui réalise l’audiodescription de spectacles pour les personnes aveugles ou malvoyantes et propose pour les personnes sourdes ou malentendantes du surtitrage adapté et des adaptations en langue des signes française. Et ce dans toute la France ! Et pour les personnes déficientes visuelles qui veulent sortir quand elles le souhaitent où elles le souhaitent, pensez aux souffleurs d’images, dispositif mis en place par le CRTH (crth.org)

Nous avons évoqué les solutions de substitution, lorsque le lieu ne peut pas être rendu accessible. Par exemple, un château classé ne peut intégrer d’ascenseur. Mais l’établissement a-t-il prévu une vidéo montrant les salles situées aux étages ? C’est par exemple le cas à Chambord. Cela ne remplace pas l’expérience de visite évidemment, mais permet de dialoguer ensuite avec ses amis ou sa famille, de partager une expérience.

Les sites culturels sont toujours soucieux d’améliorer leur offre : n’hésitez pas à leur écrire pour leur faire part de vos attentes mais aussi pour les féliciter si vous avez passé un bon moment. Ça fait toujours plaisir ! Et surtout, partagez vos expériences et vos bons plans sur les réseaux sociaux ou les sites collaboratifs.

L’ACCESSIBILITÉ UNIVERSELLE OU DESIGN FOR ALL : LA TENDANCE DU MOMENT

Si les lieux de culture ont longtemps considéré les publics en situation de handicap comme un public « à part », ils les estiment désormais comme un public « à part entière ».

Ils ont compris que les dispositifs d’accessibilité, à l’origine mis en place en direction des visiteurs ou spectateurs en situation de handicap, sont à mettre en avant comme un critère de qualité pour l’accueil de tous les publics, notamment les familles... Comme le fait remarquer Philippe Moreau, directeur de Tactile Studio, les supports tactiles étaient auparavant cantonnés à des mallettes pédagogiques sorties à l’occasion, alors qu’ils sont désormais souvent intégrés à la scénographie.

Lorsqu’un dispositif est mis en place, il est de plus en plus fréquemment pensé selon les principes du design for all : il doit pouvoir être utilisé et compris par chacun, quelles que soient ses compétences physiques, sensorielles, intellectuelles, linguistiques... Les fournisseurs ont entendu les demandes des associations et des usagers et, plutôt que de proposer trois outils donnant la même information selon trois vecteurs, ils pensent à tout combiner. Par exemple, l’entreprise Tactile Studio a réalisé pour le musée d’art moderne de la ville de Paris des dispositifs comprenant du tactile, de l’audio et de la vidéo LSF, le tout intégré à un mobilier répondant aux exigences globales d’accessibilité.

Le temps de la visite « pour handicapés » est bien loin, et c’est tant mieux. Evidemment, des visites dédiées restent nécessaires. Venir sur des créneaux réservés, en dehors des périodes d’ouverture, permet de visiter dans le calme, ce qui peut être la condition sine qua non selon certains types de handicaps.
Mais les visites adoptant des techniques spécifiques sont de plus en plus souvent proposées à tous les publics. Par exemple, les entendants peuvent participer à une visite gestuelle au MacVal. Dans le même mouvement, l’inclusion des visiteurs en situation de handicap dans la visite tout public est de plus en plus décomplexée. Je ne dis pas que tout est parfait, mais il faut reconnaître que les conférenciers et médiateurs sont mieux formés, que les visiteurs en situation de handicap viennent de plus en plus nombreux : c’est un cercle vertueux qui se met en place depuis quelques années.

PROFESSIONNELS DE LA CULTURE : INTÉRESSÉS ?

Vous êtes professionnels de la culture et souhaitez améliorer l’accessibilité de votre établissement ? Plusieurs solutions s’offrent à vous : rapprochez-vous du correspondant Culture-Handicap de votre région ou de votre département, consultez les documents et guides pratiques disponibles en ligne sur le site du ministère de la culture : http://www. culturecommunication.gouv.fr/Politiques-ministerielles/ Developpement-culturel/Culture-et-handicap2/Actualite et sur le site des comités régionaux du tourisme, notamment celui d’Ile de France très pratique avec un portail pour les pro : http://pro.visitparisregion.com/Optimisation-de-vos- prestations/Accessibilite. Le Pôle européen de l’accessibilité culturelle regorge aussi de ressources pour les pro : http:// espacepro.e2ca.org.

Pour aller plus loin et entamer un accompagnement pas à pas, vous pouvez faire appel à des spécialistes qui prendront le temps de faire du cas par cas en fonction des spécificités de votre établissement, du diagnostic à la mise en œuvre des solutions d’accessibilités, en passant la conception d’outils. Je prêche pour ma paroisse mais j’estime que c’est indispensable si vous n’avez personne de dédié à la question en interne. Le territoire est émaillé et, sans les citer tous, on peut évoquer « Accessud » pour le sud de la France, « Culture accessible » vers Lyon et bien sûr « Les Sens de la Culture » en région parisienne et dans toute la France.
DANS L’HÉRAULT... DES OFFRES DE TOURISME ADAPTÉ SANS AUTRES CONTRAINTES QUE VOS ENVIES.

FACILITER LE DÉPART EN VACANCES DES CLIENTÈLES À BESOIN SPÉCIFIQUE

10 ans après l’adoption de la loi Handicap du 11 février 2005, la prise en compte de l’accessibilité à tout pour tous a connu des évolutions significatives en France, le monde du tourisme a essayer d’accompagner au mieux cette évolution. Dès 2010, Hérault Tourisme en collaboration avec les services du Conseil départemental a tenu à faire progresser le label national Tourisme handicap, signe d’un réel accueil de tous les publics et ainsi favoriser l’amélioration de l’accessibilité pour tous aux sites, aux équipements, aux services, aux activités touristiques et de loisirs.

Le département a donc aménagé ses sites, espaces et équipements touristiques et propose des offres de séjour qualifiées en autonomie, des équipements labellisés Tourisme et Handicap (voir www.herault-tourisme.com. où vous trouverez à la rubrique Accessibilité, tourisme, handicap les lieux d’accueil et de pratiques « friendly accessibles », des adresses fiables où un meilleur accueil vous sera offert !)

Concrètement, avec plus de 120 sites labellisés et 80 en cours de suivi de labellisation, le département de l’Hérault fourmille d’activités originales et accessibles. Des chambres d’hôtes, aux randonnées, en passant par les musées, des sites culturels avec des visites sensorielles adaptées pour les déficients visuels, sans oublier un petit saut à la plage avec le programme La Mer ouverte à tous car l’Hérault compte plus de 87 km de littoral, offrant aux touristes un grand choix de plages et activités nautiques, ainsi que de nombreuses activités en lien avec la nature. Soit une offre repérée accessible et testée, des sites labellisés Tourisme handicap et des offres en dynamique !

Le label Tourisme et Handicap se décline sous quatre déficiences et s’adresse à tous ceux qui souhaitent ouvrir leurs établissements ou leurs sites à une clientèle plus large : - L’hébergement : hôtels, villages de vacances, chambres d’hôtes, auberges de jeunesse, résidences de tourisme, locations de meublés et de gîtes, campings, centres de bien-être, restauration : restaurants, bars, brasseries, fermes auberges...
- Sites touristiques : monuments, musées, salles d’expositions, châteaux, sites remarquables, jardins...
- Sites de loisirs : parcs thématiques, salles de spectacles, plages, piscines et équipements balnéaires, bases de loisirs, postes de pêche, sentiers de randonnée, activités nautiques (aviron, canoë kayak, voile), centres équestres...,

LE PROGRAMME « LA MER OUVERTE A TOUS »

Sur les plages héraultaises, vous pouvez renouer avec les plaisirs de la mer, y compris avec une canne blanche ou en fauteuil roulant. C’est l’une des conséquences des aménagements réalisés sur les plages dans l’Hérault avec la démarche « La Mer ouverte à Tous » : 48 cheminement facilités avec des équipements novateurs et trois plages labellisées Tourisme Handicap grâce au système audioplage à Balaruc-les-Bains, Palavas et Carnon. Un « totem d’accueil » énonce les modalités de la baignade et invite les mal ou non-voyants à se munir auprès du poste de secours d’un bracelet-montre électronique. C’est le sésame d’une baignade autonome puisqu’il sert à localiser par GPS les bouées sonores installées sur le parcours et dans l’eau (Plus d’infos et pour télécharger notre brochure départementale Tourisme et Handicaps www.herault-tourisme.com Contact Accueil ADT 04/67/67/71/71)

UNE APPLICATION NUMÉRIQUE, OUTIL D’AIDE À LA MOBILITÉ

Avec l’application Herault mobility développée sur deux stations pilotes : Mauguio Carnon, et Balaruc les Bains téléchargez un véritable guide multimédia couplé à un GPS. Quatre rubriques vous sont proposées : Autour de moi pour géolocalisation, système de navigation « GPS » spécifique aux cheminements accessibles, bons plans qui valorise la proposition de séjours combinant plusieurs prestations, SOS qui renvoie sur les « appels d’urgence » et enfin Destinations avec une mise à jour en temps réel des sites labellisés Tourisme Handicap, l’ application étant connectée au système d’information touristique commun aux OTSI, département et région. Téléchargement gratuit sur IPhone www.herault-tourisme.com et en développement pour mi 2015 sous Android avec le soutien de l’AMIH, association des Mousquetaires pour l’insertion des handicapés.

Cette application numérique conforte les territoires engagés dans l’Hérault pour candidater au label national Destination pour tous. Celui-ci concerne des territoires touristiques proposant une offre de séjour et de loisir déjà labellisé Tourisme et Handicap mais où sont pris en compte les services de la vie quotidienne, les commerces ainsi que les aménagements offrant une circulation sans rupture et ce pour deux types de handicap.

UN SÉJOUR CLÉS EN MAIN POUR UN TOURISME D’AVENTURES ET DE NATURE ...

Julien Gurrera est accompagnateur en montagne, moniteur VTT et animateur nature, il organise via son agence Escapéo des sorties et des séjours de randonnées à pied et à vélo : raid et séjours sportifs, sortie thématique, animation nature et éducation à l’environnement... « Je propose des demi-journées, des journées, des séjours « clefs en main ». 90% sont réalisables par des personnes en situation de handicap. » Prévient-il. Ce languedocien d’adoption est devenu un prestataire de tourisme pleine nature et s’adapteaux demandes et aux besoins de ses clients. « Durant trois ans, j’ai organisé des séjours pour l’association toulousaine UMEN qui proposait des randonnées accessibles à un public mixte valide-handicapé. Ce fut une expérience magnifique et enrichissante. Je me suis éclaté ! ». Julien s’est lancé dans l’aventure entrepreneuriale il y a un an. « Je suis un prestataire et j’ai l’obligation de résultats ! Les familles ou des groupes me confient leur week end ou leurs vacances et je dois répondre avec des prestations de qualité ! » Julien Hurrera qui repère les circuits propose du matériel spécifique comme des joëlettes (ndlr : une sorte de chaise à pousseur et tireur sur roues) ainsi qu’un FTT (fauteuil Tout Terrain) électrique d’une autonomie de 40 kilomètres « Cela permet d’adapter les activités aux personnes en situation de handicap. La volonté d’Escapéo est de proposer des solutions pour adapter sans distinction son offre à tous les publics et à tous les besoins » (voir http://www.escapeo.fr Contact Julien Gurrera : julien@escapeo.fr)

SITES TOURISTIQUES AU BOUT DES DOIGTS

Le Pays haut languedoc et Vignobles propose des circuits sensoriels adaptés au public déficient visuel. Ils ont été réalisés dans le cadre du partenariat Massif central au bout des doigts avec des adaptations de 3 visites de sites culturels et la réouverture du musée de la cloche et de la Sonnaille.

Olargues, labellisé Plus beau village de France peut désormais se visiter avec un livret en braille et un audio descriptif. Le château de Dio et Valquières, érigé au pied de l’Escandorgue peut se visiter grâce à la mise en place d’une audiodescription et de carnets de dessins en relief et couleurs contrastés. Idem pour la cathédrale de St Pons de Thomières, ancienne abbatiale romane aux orgues somptueuses qui bénéficie d’un circuit sensoriel audioguidé et des carnets de dessins en relief et en caractères agrandis. Enfin, en famille et entre amis, laissez-vous tenter par la découverte et le parcours du musée de la Cloche et de la Sonnaille, aménagé pour une visite en autonomie grâce à des audioguides et des panneaux explicatifs en braille. Les contacts sont : direction@ot-caroux.fr ; direction@ot-lamaloulesbains.fr ; contact@ot-pays-saint-ponais.fr

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