Portrait

C’EST L’HISTOIRE DE JONATHAN

JONATHAN

01/01/2015
C’EST L’HISTOIRE DE JONATHAN
l y a certains jours où l’on fait de belles rencontres, comme avec ce jeune homme habitant la Vallée de Chevreuse et se prénommant Jonathan. Super héros, homme ordinaire aux capacités extraordinaires, force de la nature ou plus simplement, un jeune homme déterminé à ne pas laisser la maladie le guider... qui peut le dire ? Ce qui est sûr c’est que parmi nous se cachent des personnalités incroyables.

Voici son histoire : Jonathan est né en 1984 à Trappes dans les Yvelines. Il était le premier enfant de la famille et le bonheur était quotidien. Tout se passait à merveille... mais c’était sans compter sur l’apparition de plusieurs symptômes. « Vers 1 mois et demi, j’avais de plus en plus de mal à tenir le biberon. Plus les jours avançaient et plus je régurgitais et pour ne rien arranger, je faisais des otites à répétition ; ce n’était pas facile pour mes parents. Très rapidement des tests ont été faits à l’hôpital et la maladie a été diagnostiquée. Les médecins ont découvert que j’étais atteint de la mucoviscidose ; pourtant il n’y avait aucun cas de cette maladie génétique dans les familles respectives de mes parents. A l’époque, l’avancée de la médecine ne permettrait pas de déterminer avec exactitude la forme de la maladie et donc son degré de gravité mais ce qui était sûr c’est que les conséquences étaient multiples, complexes et bien sûr contraignantes au quotidien ».

En effet, la maladie touche plusieurs zones du corps. Les symptômes et complications les plus sévères sont liés à l’atteinte des voies respiratoires. Le mucus produit par les cellules qui tapissent les bronches est trop épais et ne peut être évacué. La maladie a également des conséquences sur le fonctionnement du pancréas ainsi que le foie qui ne peuvent plus remplir leurs rôles correctement.
Les cures sont longues et fréquentes, au point que Jonathan a l’impression de passer la majorité de son temps dans une chambre d’hôpital. Mais à ses côtés, à chaque étape, il peut compter sur ses parents toujours aussi aimants et déterminés à ne pas se laisser abattre. Ils font tout pour que Jonathan ait la vie qu’il mérite.

« J’ai eu une scolarité classique. J’ai toujours voulu faire comme les autres, voire plus. Je ne me sentais pas différent et ne souhaitait pas être mis de côté parce que je m’absentais plusieurs semaines à l’hôpital. Comme mes camarades, je participais aux cours d’EPS et, malgré la muco, je ne me mettais aucune barrière malgré mon manque d’endurance.

Je faisais aussi du foot, du vélo, du skate-board, enfin tout quoi... J’ai fait 10 ans de foot au club de Dampierre- en-Yvelines et en parallèle du karaté. J’ai été très maigre toute mon enfance et du coup je ne pouvais pas participer aux compétitions car je ne rentrais pas dans les catégories de poids ». En effet, à l’âge de 21 ans, Jonathan ne pesait que 40 kilos. « Je n’aimais pas mon corps, je manquais de confiance en moi et voulais vraiment changer mon aspect physique. Prendre du poids devenait indispensable. Aujourd’hui les choses ont bien changé ! »

Parmi ses amis, certains se sont mis à la musculation. A voir le changement physique de ses derniers, Jonathan a commencé à s’intéresser à ce domaine lui aussi et a décidé de s’inscrire.
« C’est super ! On est avec ses potes, on se dépense physiquement et on le fait en rigolant ». Déterminé à faire évoluer son corps, Jonathan change son hygiène de vie, mange correctement et prend place sur les machines 3 fois par semaine. Malgré cela, l’inquiétude des médecins ne faiblit pas et lorsqu’il atteint l’âge de 24 ans, ils jugent nécessaire de réaliser une gastrostomie. Cela consiste à mettre en place une sonde permettant un apport nutritionnel directement dans l’estomac. Au même moment, Jonathan commence à s’intéresser aux compléments nutritifs et notamment aux bienfaits des protéines. Il se laisse tenter et très rapidement, la prise de masse musculaire dont il rêvait tant commence à apparaitre. « Je voyais les résultats chez certains de mes amis, alors je me suis vraiment penché sur la question et j’ai fait le tour des boutiques spécialisées sur Paris en expliquant ma maladie. J’ai pu comprendre le fonctionnement du métabolisme, comprendre l’association entre les glucides, les lipides et les protéines et, grâce aux commerçants, j’ai pu mettre en place un plan nutritionnel spécifique à mes besoins et à la pratique du sport. Bien sûr, j’avais consulté mon médecin qui n’était pas opposé à faire une période d’essai et voir comment réagissait mon corps. »

Au bout de 6 mois, Jonathan avait atteint l’objectif que les médecinsavaientfixé:50kilos.La sonde fut retirée et la prise de poids a continué à progresser. Un vrai soulagement, non seulement pour lui mais également pour ses médecins qui aujourd’hui sont émerveillés par sa transformation.

« C’est vrai, ils ne s’attendaient pas à ça, peut-être étaient-ils sceptiques ! Aujourd’hui, je suis heureux, je fais 66 kilos, je poursuis mes entrainements et je mange équilibré au grand bonheur de ma compagne avec qui je me suis pacsé, et de ma petite fille. Nous avons pour projet un second enfant, mais avant cela je vais profiter d’un voyage que m’ont offert mes amis et ma famille pour mes 30 ans. En septembre 2015, je pars pour Las Vegas aux Etats-Unis pour assister à la compétition de culturisme, la plus haute distinction du milieu « Mister Olympia ».

Voilà comment Jonathan a trouvé son équilibre, tant au niveau psychologique que physique.

« Quand on dit que le sport devient une drogue, c’est tout à fait vrai. La création d’endorphine me procure du plaisir et les résultats positifs me poussent à me surpasser. Ca été dur bien sûr, mais mes amis ont été là à chaque étape. Les quelques kilos du début se sont transformés en dizaines de kilos et à présent je prends bien plus que mon poids sur le développé-couché ; un exercice complet car il sollicite les épaules, les bras, les pectoraux mais aussi les abdominaux ». Jonathan est toujours suivi par les mêmes spécialistes depuis des années et sont à même de juger des bienfaits ou non de son rythme sportif assez intensif et de son régime alimentaire. Au vu des progrès sur ses capacités physiques et pulmonaires, ses médecins sont aujourd’hui convaincus que dans le cas de Jonathan, l’implication dans ce nouveau mode de vie lui a été fortement bénéfique.


PAR BENJAMIN LOCHNER